Portique à pieds articulés sous charge de pesanteur
Le portique dont est faite toute halle industrielle du pays. Deux poteaux, une traverse, des nœuds rigides, des pieds articulés — et un nombre que la statique ne peut tout simplement pas vous donner.
- Portée
- 6 md’axe en axe des poteaux
- Hauteur
- 4 mdu pied au jarret
- 10 kN/mcharge répartie de gravité sur la traverse
- 200 GPa
- 5000 mm²
- 100 × 10⁶ mm⁴les trois barres
- Pieds
- articuléshyperstatique de degré 1
Partie 1, étape 1 — Dessiner le portique
Quatre nœuds, trois barres — saisis au clavier, pas à la souris.
Ouvrez le Calculateur de portiques et utilisez la ligne de commande en bas. Ici, taper n’est pas un raccourci pour la souris : c’est ainsi que l’on obtient la géométrie exacte. Un portique dessiné à l’œil est un portique dont vous ne pouvez pas citer la portée.
Placez les quatre angles — pied gauche, jarret gauche, jarret droit, pied droit :
N 0,0 N 0,4 N 6,4 N 6,0
Reliez-les ensuite. M 1 2 signifie « une barre du nœud 1 au nœud 2 » — le poteau gauche :
M 1 2 M 2 3 M 4 3
Remarquez que la dernière va de 4 → 3, et non de 3 → 4. Les deux poteaux pointent alors vers le haut, leurs axes locaux concordent, et les efforts aux extrémités de barre du tableau de résultats se comparent côte à côte sans avoir à en inverser un mentalement.
Partie 1, étape 2 — Articuler les pieds
Le choix qui décide du comportement de tout le portique.
Les deux pieds sont articulés : ils retiennent le portique et l’empêchent de glisser, mais laissent le poteau tourner. Dans la ligne de commande, S 1 P se lit « le nœud 1 est articulé » :
S 1 P S 4 P
Ce seul choix sépare deux structures complètement différentes. Un pied articulé ne reprend aucun moment : la fondation ne voit qu’une charge verticale et une poussée horizontale. Un pied encastré reprend aussi du moment — un portique plus rigide, mais une semelle bien plus chère.
Avec des pieds articulés, ce portique est hyperstatique de degré 1 : trois équations de la statique, quatre réactions inconnues. La statique seule ne finit pas le travail — et c’est exactement là que le solveur gagne sa place.
Partie 1, étape 3 — Section et charge
Une charge répartie de gravité le long de la traverse, et la section qui la porte.
Donnez d’abord la même section à toutes les barres — , , , ce qui est proche d’un 310UB. Dans le tableau des caractéristiques de barre, c’est le groupe 1, et les trois barres y renvoient déjà.
Chargez ensuite la traverse avec vers le bas. Sur ce site, la gravité est négative : le bas est le sens y négatif, la valeur est donc :
L 2 -10
C’est tout le modèle : quatre nœuds, trois barres, deux appuis, une charge. Les résultats apparaissent au fur et à mesure de la saisie — il n’y a pas de bouton « résoudre » à part.
Partie 2, étape 1 — Ce que la statique vous donne gratuitement
Deux des quatre réactions, avant que la moindre rigidité n’intervienne.
L’équilibre vertical se moque de savoir si le portique est hyperstatique. Toute la charge doit descendre sur les deux pieds :
Et le portique est symétrique — même géométrie, même section, même charge de part et d’autre de l’axe — si bien que les deux pieds se la partagent également :
Le solveur est exactement d’accord : 60 kN au total, 30 kN à chaque pied.
Les moments en pied sont nuls par définition — c’est ce que veut dire « articulé » — et le solveur renvoie 0 kN·m, c’est-à-dire zéro à l’arrondi près.
Partie 2, étape 2 — La poussée horizontale
Le nombre que la statique ne peut pas donner, et la raison pour laquelle un portique n’est pas un treillis.
Voici la partie intéressante. La traverse veut fléchir ; comme ses extrémités sont encastrées dans les poteaux, elle ne peut pas fléchir sans les écarter en flexion. Les poteaux repoussent, et cette poussée est une véritable réaction horizontale à chaque pied — la poussée, dirigée vers l’intérieur aux deux pieds :
L’équilibre horizontal reste satisfait : les deux poussées sont égales et opposées, leur somme est donc nulle. Mais aucune des deux ne s’obtient à partir de seule — cette équation dit seulement qu’elles s’annulent, pas leur grandeur. Celle-ci dépend de la rigidité relative de la traverse et des poteaux, c’est-à-dire précisément l’information que la statique jette et que la méthode des rigidités conserve.
C’est là toute la différence entre un portique et un treillis. Remplacez les nœuds rigides par des articulations et la poussée disparaît : la traverse fléchit simplement et les poteaux ne reprennent que de l’effort normal.
Partie 2, étape 3 — Lire la déformée
L’image qui vous dit si le modèle est juste.
Activez la déformée. Sous une charge de gravité symétrique, le portique doit se déformer symétriquement : la traverse fléchit, les deux jarrets rentrent légèrement, et il n’y a aucun déplacement latéral.
Si votre déformée penche d’un côté, c’est le modèle qui cloche, pas la structure — le plus souvent un appui saisi sur le mauvais nœud, ou une charge appliquée à une barre alors qu’elle était destinée à une autre. La déformée est le contrôle d’erreur le plus rapide qui soit, et il coûte un clic.
Calcul à la main contre le solveur
Tout ce que la statique peut fixer, fixé.
La statique fixe d’emblée trois des quatre grandeurs ci-dessous ; la quatrième — la poussée — est l’inconnue hyperstatique, et elle est donnée ici comme résultat propre du solveur plutôt que confrontée à une valeur manuelle, car il n’existe pas de valeur manuelle sans mener le calcul complet par la méthode des forces.
| Grandeur | À la main | StructureCalcs | |
|---|---|---|---|
| Réaction verticale totale | 60 kN | 60 kN | |
| Réaction verticale à chaque pied | 30 kN | 30 kN | |
| Moment en pied (articulé) | 0 | 0 kN·m | |
| Poussée horizontale | hyperstatique | 5.188 kN |
Chaque valeur a été calculée à la main par la méthode classique, puis confrontée au solveur de ce site — le moteur même qu’ouvre le bouton Essayer. Cette concordance est revérifiée automatiquement à chaque build.
À vous de jouer
Ouvrez ce modèle exact dans le calculateur — puis changez une charge, déplacez un appui, et regardez chaque diagramme se recalculer en temps réel. Le meilleur moyen d’acquérir de l’intuition, c’est de le casser et de voir ce qui se passe.
Emportez-le avec vous
Exportez cet exemple résolu en PDF, ou téléchargez-le en .screport et ouvrez-le dans le générateur de rapports — le modèle voyage dans le fichier : vous pouvez le reconstruire, le recalculer et bâtir votre propre rapport à partir de lui.